dimanche 15 avril 2018

Don




Charles Lucien Léandre Sur champ d'or



Regarde moi je suis la jeunesse éternelle,
Miroir enchevêtré de cheveux demi longs,
La parfaite psyché aux orbes d'yeux oblongs,
Pleurant l'immortelle plainte des ritournelles.

Regarde moi bâtard, je suis la légitime,
Rousse fille du celte aux Gaulois mâtiné,
Mon sourire aux Latins a parfois butiné
Plus d'un trésor mutin, céleste ou maritime.

Vois-tu mon manteau d'ombre et mon derme nacré,
Sais-tu qu'il m'en coûta d'ignobles sacrifices,
Vois-tu mon oeil chagrin sans aucun artifice,
Dont la trace ou la larme a le goût du sacré?

Ce passé flamboyant, je l'offre à la détresse
Des pauvres incroyants privés d'immensité,
Afin que du parcours d'arabesques cités
Mon âme inanimée soit la sainte prêtresse.



 

lundi 2 avril 2018

Pâques

A Christian, quel beau prénom...


Au printemps des genèses naquit l'animal,
Cette perfection entre esprit et instinct,
Se battre et perpétrer la race, quel destin,
Ignorant le devoir, ni le bien , ni le mal..

Vint l'homme tout puissant à l'image de Dieu,
Ce faible nourrisson voué aux servitudes,
Condamné aux sévices, aux vicissitudes,
Ballotté de bon jours en funestes adieux.

Mais dans cet oeil de mâle luisait l'étincelle,
Celle de l'art , des sciences, qui à la fin scelle
Le secret de nos vies.Si tu veux retrouver

Quiconque tu aimas supplie le seul démiurge,
Le seul qui assuma ton opprobre et ta purge,
Portant au Golgotha la croix du réprouvé.


Chagall: l'artiste et la crucifixion.



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dimanche 14 janvier 2018

Sacré Coeur




Crucifix, Cimabue, Santa  Croce de Florence.



J'entends tant de questions dans la meute aux abois,
Tant de tristes détresses,  ô terrible énigme,
Est-ce la faux qui sauve où le faux sonne en dogme?
La solution finale réside en ce bois.

Bien sûr seule la mort est l'ultime réponse,
Le dernier grand brasier, la gerbe d'étincelles,
L'aurore renaissante , l'aube jouvencelle,
L'Ange exterminateur de sa trompe l'annonce.

Son sacrifice est vrai, ma seule certitude
Réside en cet ailleurs promis aux multitudes,
Ce mot d'amour sanglant exsudé du seul coeur,

Ce  coeur qui tant m'aima qu'en  suinte  l'orifice,
Qui enseigne en saignant les dévots à l'office,
Son pardon irradie crucifiant la rancoeur.


samedi 23 décembre 2017

20 décembre 2009




Comme une eau de rosée trop vite évaporée,
 Portant l' ample reflet des vastes sycomores,
 Avant d' être absorbée au ciel, bue par l' aurore,
 Abandonne un calice floral éploré,

 Tu étais en bourgeon le jardin d' Arcadie,
 L'âge d' or sommeillait en tes formes graciles,
 Le paradis perdu d' eldorados faciles
 A dû capituler face à la maladie.

 Pour orner l' univers d' une étoile de sang,
 Le don sacrificiel d' une existence en germe
 Aux soifs de renaissance a apposé le terme,
Irradiant nos coeurs d' un mal incandescent.

 D'un baume lacrymal comme un martyr sois oint,
 Qu' au grand livre de vie ton nom l' on reconnaisse,
Fais valoir entre tous un juste droit d' aînesse,
Roi d' un monde où mon être aimanté te rejoint.



jeudi 26 octobre 2017

Bon anniversaire ma fille adorée

En l'honneur de ce tatouage si symbolique.

La chouette ulule au soir, bonne ou mauvaise augure,
Dans l'énigme des nuits, son oeil inexpressif,
 Va sonder les mystères des arbres pensifs,
 Auprès d'elle la lune fait pâle figure.

 Elle enserre en ses griffes les secrets d'antan,
 L'ombre et le sang pétris à l'abri de ses ailes
 Ont durci le diamant des plaintes éternelles
Que ton coeur retenait depuis plus de cent ans.

 Les portés disparus de tes longues attentes,
 Les hommes méprisants, les amants à tes pieds,
Cet ascendant falot, père sur le papier,
 Aucun fruit du dégoût désormais ne te tente.

 C'est en ce diamant noir qu'ils errent condamnés,
 Enserrés dans la pierre ils ont perdu leurs armes,
Je voudrais le blanchir, le laver de mes larmes,
 Le rendre transparent pour un millier d'années.

 A quoi bon soupirer car comme les rapaces,
 Tu sauras survoler les abîmes de suie,
Semant le prédateur qui vainement te suit:
 Ce n'est pas un oiseau, c'est un Ange qui passe.

dimanche 10 septembre 2017

sept ans c'est tant...


Edward Poynter: Orphée et Euridyce.


Survivrons-nous, crois-tu,à l'âge de raison?
La crise, paraît-il, le démon de l'usure,
Un poème trop long sans rime ni césure,
Temps de fleurs ou de pleurs? Quel cycle de saison?

Parce qu'il faut durer, dans l'instant, dans l'intense!
Garderas-tu la foi en ce qui nous cimente,
Quand seules l'heure et la ride jamais ne mentent,
Restons les balanciers comblant le vide immense.

Je tremble à cette idée que tu ne sois plus là,
Bruissant d'envie, de rêve,ivre de l' avenir,
Oublieux des hiers pétrifiés en menhirs,
De ma mélancolie seras-tu jamais las?

 Ton sang bouillonnant de vie sans fin me rassure,
Ta précieuse voix articule les mots
Colorant notre histoire ainsi que des émaux,
Aventure embellie sans tache ni fissure.

L'impermanence de l'être , effroi de toujours!
Fige notre alliance, nimbée d'au-delà,
O doigt de l'éternel qui nos corps modela,
Et façonne notre âme avec le même amour.








vendredi 11 août 2017

Vanité


Art Nouveau Alphonse Mucha | art nouveau by alfons mucha four seasons by alfons mucha circa 1895 ...


Mucha

Si j'avais à décrire ce qu'est la beauté..
Ce seraient les marrons dont s'est empli les poches
Un môme en tablier chaussé de ses galoches,
Dont cet orbe poli est la principauté.

L'arrondi reverdi d'une modeste chaîne
Formée par quelques glands tenus comme un trésor,
Bijoux thésaurisés plus précieux que les ors
Des têtes couronnées exercées sous les chênes.

La fleur décapitée, noble coquelicot,
Effeuillée dans le vase, pauvre ide indocile,
L'oiseau libre amputé aux départs difficiles,
L'écrit enluminé mort sous le massicot.

Tout ce qui vibre et bruisse sans la main de l'homme
Injuste et tapageur ; l'image dans la boue,
Ce que l'on crucifie et s'élève debout:
L'étincelle de vie, le doigt de Dieu en somme.